(technique mixte) – 2008
 
1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |> |...
Yannick Papailhau On n’est pas bien là con de la bonne mère !
(technique mixte) – 2008
Yannick Papailhau

né en 1976
ESBA Nîmes 2004
vit et travaille à Marseille
bobmacias2004@yahoo.fr Galerie Bonneau-Samames

Expositions (sélection) :
2008 : Ne pas jouer avec des choses mortes, Villa Arson, Nice
2007 : Yannick Papailhau, Marie Thébault, Antoine Deschamps, Galerie Grands Bains-Douches de la Plaine, Marseille
 
Es touch complicat a co !

Je décide, sans aucun doute, de vous dévoiler certains tracas, certaines questions jetées au hasard des mots qui de temps en temps viennent brouillonner mon esprit.

...Une somme de choses nous entoure on le sait tout ceci n’est pas nouveau, mais je continue à ne pas comprendre et pourtant. Je n’arrive pas à entrevoir dans tout ce brouhaha qui constitue notre existence les différentes ficelles que je pourrais tirer pour pouvoir extirper la matière, plus exactement l’essence même de cette matière, cependant les choses se dessinent, se construisent, existent. Le hasard ? Il est là, m’accompagne, pénard, décontracté, alerte, vif, sourire banane il me suit, à chaque pas se rit de moi. Ah ! le fourbe, le malin, le roublard, je m’en méfie comme purpura thrombocytopénique idiopathique. Les idées, c’est bien les idées et après ? C’est important d’avoir des idées, très très important, nous avons tous des idées mais qu’est-ce qu’on en fait après de toute cette mélasse ? On la trie l’écosse, on la nettoie la pose, puis on la donne à manger. Ouais ! On avance comme ça ? « Je ne comprends pas », cette phrase m’interpelle de plus en plus je dirais même qu’elle me stimule, m’excite.

 :« Monsieur monsieur je ne comprends pas ! »  :« Attends je vais t’expliquer »  :« Tu as compris maintenant ? »  :« Oui oui ! »  :« Explique-moi alors »  :« Euuuuh !?... »  :« Mais tu n’as rien compris ! »

Ça c’est moi petit mais bon je vous l’accorde avec un tantinet l’esprit de contradiction, toutefois cela rebondit toujours dans mon encéphale encore et encore, et de plus belle à chaque fois que je me retrouve au pied du mur. Dyslexie ? je ne crois pas, plutôt la volonté d’aller chercher au-delà de ce qui parait, aller gratter plus loin que ça, dans un fond bien caché, enfoui, presque englouti et qui m’amène à penser que cela n’a peut-être jamais existé. Alors des fois je regarde consciencieusement mes travaux, analyse tous ce qui génère mes recherches : écris, croquis, prises de notes, photos, textes, et autres, ça peut aider. Mais petit à petit les choses s’agencent toutes seules, s’auto-organisent et plus j’avance et plus je sens la sérénité m’envahir. Serein ?... Nooon ! Ça va pas ! Mais qu’est-ce que j’en sais ? Des fois je me dis : « Mais à quoi sert le savoir, la connaissance, on va où avec tout ça ? » Ben, ça sert à échafauder, construire, améliorer, faire avancer, à croire que, néanmoins. La vie est dure et complexe, dure comme un noyau d’olive mais si belle, si belle que j’aimerais ne jamais la quitter si belle que j’aimerais me la marier. Mais la vie n’est pas que l’existence d’un seul homme c’est beaucoup plus que ça, et c’est à cet équilibre-là qu’il faut penser. Po ! C’était quoi cette phrase de merde ?

Mais qu’est-ce que j’en sais ? Bon ! je sais, je m’égare et c’est certes un peu tiré par la perruque mais quand même, si de temps en temps on se sortait le doigt ça serait pas mal. Bref revenons à nos moutons et mon boulot dans tout ça ? Fragile, robuste, équivoque, douteux, flottant comme le bois. Accumuler, trier, agencer, et hop voici ma soupe. Comment j’appréhende tout ce bordel et qu’est-ce que je donne à voir, plus exactement qu’est-ce que je questionne, ça c’est une vraie question. L’absurde, le décalage, des pseudo-inventions archaïques, rendre visible ce qui est visible, le non-sens. Et voilà ! encore une fois je comprends rien à ce que j’écris, tout est mélangé, ça s’égare, ça va dans tous les sens, mais c’est pas grave au moins ça a le mérite de ne pas être clair...

Yannick Papailhau