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Abdelkader Benchamma • Sarah Tritz
- 30 mars / 28 avril 2007
Galerie de la Friche la Belle de Mai - Marseille
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Abdelkader Benchamma – Sarah Tritz, vue d’ensemble 2007 Abdelkader Benchamma – Sarah Tritz, vue d’ensemble 2007 Abdelkader Benchamma – Sarah Tritz, vue d’ensemble 2007 Sarah Tritz, Le meuble aux poulets, 2007 Sarah Tritz, La bibliothèque (détail), 2007 Abdelkader Benchamma – Sarah Tritz, vue d’ensemble 2007 Abdelkader Benchamma, Tas (avec hommes en gris) , 2007 Abdelkader Benchamma, Le terrain, 2007 Sarah Tritz, Saralanoire (détail) 2007 Abdelkader Benchamma – Sarah Tritz, vue d’ensemble 2007 Sarah Tritz , L’amour des rats surpris par la mort 2007 Abdelkader Benchamma – Sarah Tritz, vue d’ensemble 2007 Sarah Tritz, Le chat, 2007 Abdelkader Benchamma Le mauvais souvenir, Le mauvais mur, Les mauvais meubles, Le mauvais endroit - 2007

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Abdelkader Benchamma présente un ensemble de dessins d’une grande finesse d’exécution. Au feutre gouache, à l’encre, ils sont réalisés sans esquisse préalable, pensés comme une écriture. Leur format varie, pouvant aller du carnet de dessins à l’intervention de l’artiste in situ.

La virtuosité et la sobriété du trait d’Abdelkader Benchamma illustrent des événements improbables, animés d’une vaste gamme de dynamiques. Les dessins deviennent le lieu privilégié de mises en situation dans lesquelles les différents protagonistes, vivants ou inanimés, sont en proie à des tensions, des lévitations, des mouvements contrariés, à des dialogues muets. Abdelkader Benchamma invente du mobilier passe-muraille, des architectures instables, une nature capable d’ensevelissements, d’écrasements. Ses espaces naturels sont parfois occupés par des hordes de gens. Ils deviennent le lieu de courses, de rassemblements, de luttes dont le motif reste incertain. Mobilier, personnages, plantes peuplent un même univers obéissant à des lois déconcertantes, dans lequel les sujets d’Abdelkader Benchamma semblent être les victimes de forces inconnues.

La nature est figurée par un agencement fluide de motifs récurrents, accolés les uns aux autres pour recréer la puissance de paysages de montagne ou le foisonnement d’herbes et de plantes. Le graphisme sinueux de la végétation, le traitement des tas (mêlant parfois l’humain à l’organique) accentuent le caractère anxiogène de certaines situations. L’accumulation de formes, leur quantité surnuméraire tendant vers l’infini et l’impression de saturation qui en émane participent de la capacité du dessin à projeter le spectateur au-delà de la feuille.

L’artiste manie l’absurde et mesure ses effets visuels avec une grande précision. L’épure et l’intensité du trait des scènes présentées expriment des ambiances immédiates et fortes, provoquant la remise en question et la mise à mal d’une réalité stable.

Sarah Tritz construit des installations et sculptures constituées d’éléments dont l’assemblage démontre une énergie du geste alliée à une réelle maîtrise du volume. D’autres oeuvres présentées -dessins, bas-reliefs, moulages- achèvent de former un ensemble dans son travail. Par le découpage, la peinture, l’association de matériaux bruts, elle construit ici une série de meubles revendiquant une esthétique du “mal fait” tout en faisant référence à différents courants de formalisme.

Ses meubles sont agrémentés d’objets chinés aux puces ou dans des bazars, modelés ou encore moulés par l’artiste ; ils constituent la genèse de chaque pièce et déterminent sa thématique. Les meubles de Sarah Tritz reflètent un processus de rangement, conservent des indices de son histoire quotidienne et attribuent une fonction à des éléments jugés inachevés. L’artiste y ordonne des pensées et structure sa perception de la réalité, évoquant tour à tour la musique et l’amour, l’amour et la rupture, la culture... Ses bibliothèques, armoires à casiers et portants, ouverts au regard, constituent des bribes de narration.

Des changements de rythme et de matérialité sont développés dans l’ensemble des pièces présentées par Sarah Tritz. La multiplication des volumes se fait en tension avec ses dessins, ses sculptures en terre. L’artiste crée des formes à l’équilibre précaire, en balance entre le fonctionnel et l’accessoire, l’abstrait et le figuratif. Sarah Tritz utilise des éléments, isolés ou par séries, qui se répondent, s’illustrent et se complètent, pour passer de la suggestion à l’énonciation. Ses volumes et dessins font état d’une ambivalence associant les traces ténues d’un journal intime à sa mise en forme spectaculaire, qui appelle en définitive une interprétation extérieure à celle de l’artiste.
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