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Centre Ville South - 16 avril / 11 juin 2005
Mathieu Bernard-Reymond • Joffrey Ferry • Gérald Garbez • Sven Pahlsson
Galerie de la Friche la Belle de Mai - Marseille
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Gérald Garbez, Une fiction intime (extraits) - 2004 Joffrey Ferry, Direction - 2002 Mathieu Bernard-Reymond, Intervalles (extraits) – 2001, 2003 4. Centre ville south vue d’ensemble 2005 Joffrey Ferry, New direction - 2005 Centre ville south vue d’ensemble 2005 Mathieu Bernard-Reymond, T.V. (extraits) - 2005 Mathieu Bernard-Reymond, T.V. (extraits), sans-titre n°17 - 2005

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A travers une vingtaine d’oeuvres utilisant les techniques de la peinture, de la photographie, de l’animation 3D et de l’informatique, l’exposition CENTRE VILLE SOUTH aborde la représentation de la ville et son rapport à l’humain. Révélant des divergences dans l’échelle du regard, dans l’implication physique de l’artiste au sein de l’environnement urbain, les oeuvres reflètent différents flux, structurations et humeurs d’une ville improbable.

Réalisées à partir de prises de vues photographiques impliquant une première mise à distance du sujet, les peintures de Joffrey Ferry sont le lieu d’une réappropriation esthétique d’espaces purement utilitaires (infrastructures routières, barres d’immeubles, carrefours). Les zooms opérés par l’artiste révèlent des lieux, mais aussi la manière dont ils sont oubliés par un usage quotidien devenu anodin. Evidées, ses peintures focalisent le regard sur des signes non distinctifs : passerelles, stations-service, fast-foods, accentuant un point de vue atemporel et standardisé, d’autant qu’aucun individu n’y est visible. L’artiste tend à amener une vision logotypique de la ville, réduite à son plus petit dénominateur commun : la représentation d’éléments propres à toute métropole, instantanément identifiables et redevenus ici dignes d’intérêt, ses non-lieux.

Dans les photographies de Mathieu Bernard-Reymond, retravaillées par informatique, la réalité semble avoir été discrètement détournée de son cours. La ville apparaît entre fiction et réalité, belle mais figée, empreinte de désolation, évoquant un manque. L’esthétisation de l’urbain serait-elle une imposture dans la recherche du bien-être dans la ville ? Des tours saturées d’images, aux allures familières d’hyper-centres imposants, semblent insinuer qu’y habiter ne serait rendu vivable que par la capacité de la télévision à en extraire virtuellement leurs habitants. Des présences humaines se manifestent néanmoins par leurs déambulations là où certains éléments naturels sont encore présents (parc, port). Cependant il apparaît qu’elles sont le fait d’une instrumentalisation de la réalité. La ville serait-elle vouée à rentabiliser les comportements de ses habitants en leur ôtant toute identité, si ce n’est celle provoquée par son urbanisme ?

Un portrait réalisé par Gérald Garbez semble le suggérer. L’artiste opère une approche sensible de la ville par la réalisation d’images photographiques qui rendent compte d’instants intimement vécus. La composition aigüe des cadrages atteste de son ancrage, à un moment donné, en ses murs. A travers le parcours de l’artiste à sa surface mais aussi dans ses sous-sols, elle se dessine de manière hyperréaliste, structurée par ses plans, ses rencontres fortuites, ses compositions issues du hasard. Cependant l’impression de vide et d’anonymat qui en découle peut laisser penser que cette relation privilégiée est illusoire.

Sven Pahlsson utilise des techniques d’animation 3D et une esthétique de jeu vidéo pour aborder la configuration de la ville par ses banlieues et leurs réseaux de circulation. Les univers fabriqués par l’artiste invoquent le développement urbain répétitif à outrance des villes américaines. L’observation sociologique et architecturale des banlieues amène Sven Påhlsson à recréer une ville vidée de toute présence humaine et se définissant uniquement par sa reproduction à l’infini. Le spectateur se trouve pris dans une pseudo séquence de jeu vidéo dénuée de toute notion récréative, privé de toute possibilité d’action au coeur d’un système urbain voué à l’autodestruction.

De l’escamotage à la création artificielle en passant par la contemplation, les représentations de la ville réunies dans CENTRE VILLE SOUTH dénotent toutes d’un esthétisme certain des grands centres urbains. Mise en exergue, leur modernité n’en révèle pas moins une ethnologie de la solitude.
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