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Dernière exposition | Voir la liste Catalogue disponible
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Gilles Barbier • Stéphane Bérard • Saverio Lucariello • Noël Ravaud - 28 avril / 27 mai 2000
Galerie de la Friche la Belle de Mai, Marseille
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Gilles Barbier, Stéphane Bérard, Saverio Lucariello, Noël Ravaud, vue d’ensemble - 2000

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L’exposition propose des œuvres récentes de quatre artistes vivant à Marseille et dans sa région. Tous partagent des préoccupations qui, en passant par l’éclatement des pratiques, interrogent les dysfonctionnements, les obsessions, les pathologies d’une société vouée au culte de la réussite et à la mise en scène systématique de celle-ci. Le sport, le gadget, mais aussi des notions comme la communication, la singularité, le bonheur sont, à travers les œuvres présentées, déconstruits sans ménagement et souvent avec un humour féroce.

Douze masques noirs agrémentés d’excroissances "nasales" et "auditives" grotesques, regroupés devant une table de mixage vide composent le Concert autistique de Gilles BARBIER. A l’intérieur des masques on peut entendre une petite musique, à tendance dépressive, toujours la même. Dans l’appellation même de la pièce se profile le paradoxe qui sous-tend l’installation : celui que l’on retrouve globalement dans l’évolution technologique des systèmes de communication qui tout en touchant une population massive qui va croissant, isole de façon exponentielle les individus les uns par rapport aux autres. Flux d’informations conduits par des supports qui tendent à favoriser un fonctionnement social et mental en circuit fermé, cérébral et hermétique. Gilles BARBIER relève, en en jouant, les dérives tragi-comiques de l’intelligence humaine confrontée à celle de l’ordinateur et comment l’une s’arrange du domaine de l’autre pour y trouver son compte.

Stéphane BERARD propose une installation constituée d’un groupe d’éléments représentant les traces de sa participation aux jeux olympiques d’hiver 1998, sous les couleurs de la République Gabonaise. Avec un humour acerbe, l’artiste ancre ses actions dans une réalité quotidienne qu’il choisit pour ce qu’elle soulève de dysfonctionnements et de bêtise symptomatique. "Il ne confond pas pour autant social et humanitaire, mais sa pratique, par là même, devient un acte tautologique".
Stéphane BERARD "amplifie la fonction sociale de l’art tout en faisant en sorte que son art, sa pratique, soit une fonction sociale", avec une attitude qui aborde de façon critique la société, son système politique, économique, social et leurs vices de forme. L’artiste ne laisse passer ni tendresse ni générosité. Il traque avec flair et avec une obstination qui confine au sadisme le moindre témoignage d’une idiotie institutionnalisée, et nous soumet les formes infiniment variées auxquelles elle peut recourir.

A travers des installations mettant en discussion des objets avec des sons, des images vidéo, des dessins, Noël RAVAUD matérialise un espace mental. Pour inviter le public à partager la perception complexe de ce qui l’entoure, l’artiste crée des Tamagochis. Schémas discursifs, dessinés au mur, ils balisent les rapports entretenus avec le réel et révèlent, par l’intermédiaire d’une multitude de connexions linguistiques (d’ordre sémantique, phonétique, visuel, référentiel), les processus qui donnent naissance à un moment donné, à une forme. La Nousse par exemple, est une "sortie" du tamagochi Une une / possible visible dans l’exposition. Elle est issue d’une hybridation entre deux mots. Noël RAVAUD propose un espace qui renvoie aux "zones d’autonomie temporaire" mettant en pratique un dialogue à la fois complexe, fragmenté, instable, intrinsèquement créateur de formes et de sens.

Une effluve de bouffonnerie flotte autour des trois personnages présentés par Saverio LUCARIELLO. Il s’agit de trois notables, individus qui devraient faire autorité de par leur tenue vestimentaire mais qui se trouvent avoir, posé sur la tête, un poulet en cage picorant leur crâne et évacuant régulièrement leur repas sur tout le haut du buste de l’artiste. Car ces trois statues sont à l’effigie de Saverio LUCARIELLO figé dans des mimiques à la fois comiques et ridicules, accentuées par une gestuelle emphatique. La théâtralité exacerbée de l’ensemble laisse subodorer qu’il y a tromperie quelque part. Où peut-on apercevoir des excréments de volatiles sur la tête de personnages statiques couverts de drapés ? N’est-ce pas dans la statuaire monumentale qui immortalise les hommes célèbres ? La noblesse de l’art serait-elle alors reconnaissable au délicat mouchetis que déposent les oiseaux sur ces sculptures érigées dans l’espace public… ?
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