space space
spaceLogo
space
space space space space space space
space
space
space
English version
|
space
space
space
Dernière exposition | Voir la liste Catalogue disponible
space
space
space
Denis Brun • Francesco Finizio • Michel Gerson • Marta Vrablicova • Olivier Malfait • Lionel Scoccimaro - 12 mai / 29 mai 1999
Galerie de la Friche la Belle de Mai, Marseille
space
space space space
  space
Denis Brun, Francesco Finizio, Michel Gerson, Marta Vrablicova et Olivier Malfait, Lionel Scoccimaro , vue d’ensemble - 1999

space
 
space
space
Pendant trois semaines, à la Galerie de la Friche, ASTERIDES présente une exposition réunissant six artistes.
A la différence de Michel GERSON qui a réalisé une résidence courte d’un mois dans les ateliers de l’association, Denis BRUN, Marta VRABLICOVA, Olivier MALFAIT et Lionel SCOCCIMARO font partie des nouveaux résidents accueillis en avril 1999 pour une période de 6 mois.
A l’occasion de leur exposition ces cinq résidents ont choisi d’inviter Francesco FINIZIO.
L’exposition n’est pas à considérer comme une étape à associer à une période de résidence révolue.
A travers des œuvres plus ou moins récentes, regroupées dans un même lieu, elle rend compte de divers processus de travail, proposant un espace de dialogue entre les œuvres.

Michel GERSON vient de Nantes. Le choix qu’il a fait de travailler sur une période courte à Marseille relève d’une démarche qu’il poursuit autour des notions de traces, de circonstances qui, relevées et mises en résonance, racontent des histoires : les rencontres de l’artiste avec un endroit spécifique. Ici il s’agit de Marseille.
Au gré des rencontres avec sa population (connaissances intimes ou relations de voisinage), ses lieux (de passage ou de séjour), ses croyances, ses coutumes, sa cuisine. Michel GERSON capte des singularités, des impressions, des moments, des expressions. Pendant un long temps d’imprégnation, il réalise des photos, des vidéos, des croquis qui sont autant de prises de notes. Puis il met les sujets en abîme en créant des arborescences entre eux, en les notant sur des supports choisis pour leur pertinence par rapport au lieu de travail. C’est une série de draps provenant d’hôtels marseillais qu’il présentera dans la Galerie de la Friche (…Que les draps s’en souviennent…), rehaussés de croquis réalisés avec des matériaux trouvés sur place (henné, vin, épices, éosine…) et relatant la prise de contact de l’artiste avec la ville ; histoires latentes mises en formes de façon à la fois instinctive et sensible dans un temps très court qui dénotent d’une imbrication quotidienne du travail de l’artiste dans sa vie privée et vice-versa.

L’exploitation d’un environnement direct et d’événements liés à leur quotidien est aussi une des sources du travail des artistes lillois MARTA VRABLICOVA et OLIVIER MALFAIT. Ils traitent de la réalité et de son potentiel fictionnel, d’un espace qui se trouve à la limite entre le domaine du portrait et celui du documentaire. Ils filment la vie qui les entoure (scènes de voisinage, univers d’intérieur…) pendant de longues périodes, absorbant images et bouts de scènes qu’ils mettent en forme ensuite par l’intermédiaire d’un scénario. Parfois l’histoire se construit au fil du montage, le potentiel narratif d’une image entraînant la suivante (Le parking) ; le sens du film devient inhérent à celui des images utilisées et à leur confrontation les unes aux autres. Parfois le scénario précède le film (Only you). Il est écrit et construit de telle sorte que le spectateur puisse s’immiscer dans son déroulement et s’y trouver entraîné. Marta VRABLICOVA et Olivier MALFAIT mettent à jour différentes strates de sens qui sont autant de points de départ vers des lectures ouvertes. Celles-ci vont baliser l’écart situé entre les notions de "particulier" et de "commun".

Artiste venant de Nice, DENIS BRUN travaille sur l’autoportrait qu’il décline et réinvestit sous l’angle d’une tradition onirique. L’autoportrait est " la matière première " qui sous-tend ses œuvres. Prenant la forme de petits films, de dessins, de clichés photographiques, de vêtements, chacune est empreinte de références personnelles ; dans le sens où elles sont la matérialisation du monde imaginaire de l’artiste.
Denis BRUN les qualifie de "fictions oniriques". Ce terme peut être associé aussi bien à ses vidéos qu’à ses "peintures molles" ou à ses installations, car chaque pièce contient un potentiel narratif. Il se construit par l’utilisation d’images déjà existantes et pourvues de sens, puisées dans des domaines hétéroclites (extraits de films vidéo d’amis, télévision, magazines, papiers récupérés…). L’artiste aime à utiliser ces objets qui ne lui appartiennent pas -car produits par d’autres- pour les transformer en les ordonnant de façon à ce que leur sens, modelé aussi par la perception du spectateur, puisse se rapprocher de celui de la conscience collective.
Le monde de Denis BRUN se construit dans l’immédiateté de sa perception des choses, de façon instinctive et jouissive. Comme si à chaque nouvelle idée, d’un coup de baguette magique, était créé un nouvel occupant d’un monde dont la fantasmagorie serait partageable par tous.

La notion de plaisir apparaît comme un des moteurs du processus de travail de LIONEL SCOCCIMARO (artiste vivant et travaillant à Marseille). Ce dernier accumule les prétextes. Il sont à la genèse de ses pièces : prétextes à être dans le "faire", à investir à un moment donné un outil plutôt qu’un autre (la photo, l’ordinateur), ou un propos (prendre à revers le politiquement correct) ou encore un mode de représentation (la pornographie, le fait-divers). Leur mise en forme tend vers le cynisme et la provocation. Cependant mises en confrontation les unes avec les autres, ces pièces n’en constituent pas moins un univers qui révèle un positionnement profond et clair de l’artiste.
Lionel SCOCCIMARO aborde de façon résolue et sans concession faite à une bienséance forcée, son environnement social, politique, culturel. A travers des repères accessibles comme ceux de l’enfance, du jeu, ces assemblages, au premier abord ludiques et séduisants, amènent très vite le spectateur à entrer en contact avec la pensée véritable de l’artiste, sérieusement fondée, réfléchie. Ses installations, ses photos, ses moulages, violemment colorés, relèvent d’un processus complexe. Partant d’une attitude hédoniste, passant par la confrontation à une pratique, et donnant à voir des objets porteurs de revendication, elles ouvrent des perspectives d’interrogation multiples quant à la société et à ses règles ; jusqu’à quel point peut-on transcender les règles établies ? pourrait nous suggérer la pièce "sweet dream"…

Le travail de FRANCESCO FINIZIO, artiste vivant et travaillant à Marseille, investit un espace qui se situe dans des entre-deux : entre la vie publique et la vie privée, entre le réel et l’imaginaire. Ses dispositifs pourraient être considérés comme autant de tentatives de réconciliation des dichotomies existantes. Cependant, leur incapacité à intégrer totalement le réel les maintient dans un état de schizophrénie.
Cette situation de confusion créée par l’artiste lui permet d’échapper aux contingences matérielles pour mieux les penser. Par l’intermédiaire d’un champ poétique caractérisé par son potentiel critique il s’applique à créer des ouvertures. Jouant avec des modes de pensée qui revisitent le réel (métaphores, transferts, aphorismes), plus qu’un détournement de ce dernier, Francesco FINIZIO "suscite un incessant glissement entre un réel pointé et un imaginaire touché, entre un imaginaire suggéré et un réel exacerbé. Ses propositions et ses objets transpercent, découpent un tissu événementiel, pulsionnel, de mots et de sens, d’images et de désirs, de paradoxes et d’ambiguïtés mais s’en tiennent en définitive au simple aveu des déchirures, des doutes et des béances, ce qui les rend perméables à cette poésie de la défaillance, de son indéfinissable allégresse."
(Didier Arnaudet)
space
 
 
 
 
spacer

space