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Quality Street - 05 / 30 septembre 1998
Alain Bublex • Géraldine Kosiak • Bruno Peinado • Sandrine Raquin
Galerie de la Friche la Belle de Mai - Marseille
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Alain Bublex Up and down anda cross, De long en large, Avanti e indierto - 1998 Géraldine Kosiak Vues en coupe - 1998 Bruno Peinado Bruits de fond – 1998 Sandrine Raquin Quatre façons de se rendre d’un point à un autre - 1998

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QUALITY STREET réunit quatre artistes :

Alain BUBLEX, Géraldine KOSIAK, Bruno PEINADO, Sandrine RAQUIN, qui ont tous, à un moment de leur travail, exploré des espaces de circulation.
On sait combien aujourd’hui la topologie, devenue élastique, permet une représentation dite "globale". Elle étire l’espace physique, politique, économique, symbolique et communicationnel. Paradoxalement, les espaces eux-mêmes se réduisent, ce sont les couloirs, corridors de circulation, voies de communication, passages, câbles... qui envahissent le territoire.
De fait, la notion de "masse" disparaît et la dialectique est engloutie dans des systèmes complexes multipolaires.
Ces "masses" deviennent des sommes de "singularités", et celles-ci sont lancées à grande vitesse dans la mégatuyauterie internationale. On sait que, politiquement, ces voies à haut débit interdisent l’arrêt, la manifestation, la rébellion. Economiquement, elles accélèrent la consommation.
On sait aussi que psychologiquement elles favorisent la perte de repère, l’angoisse, et symboliquement, participent à la simplification comme à l’infantilisation des signes.

Chacun des quatre artistes de QUALITY STREET explore à sa manière l’imaginaire lié à ces données. Les démarches sont résolument critiques et évitent le "nomadisme", versant romantique de ces nouvelles topologies.
En marge de sa production plus connue (Glooscap, les Tentatives ou encore le projet Aérofiat, Alain BUBLEX photographie des paysages d’une grande banalité. Ceux-ci ont pour seul point commun d’être compris à l’intérieur d’un territoire conquis par le Front National : ville, commune, région.
Ces paysages nous rappellent, en plus de la progression d’une gangrène sociale, le fait que le fascisme ordinaire est, dans sa phase d’infiltration, discret, voire transparent, en un mot "normal". Ainsi, peu à peu, ces photographies (que d’aucun pourrait prendre pour des cartes postales) tissent le réseau redoutable des faillites de la démocratie.

Géraldine KOSIAK photographie des autoroutes en construction. Ces documents ne constituent pas une mémoire et, contrairement à la photographie berlinoise, n’interrogent pas l’histoire. Placés côte à côte, ils évoquent plutôt, dans leur multiplicité, le balayage itératif du regard sur le paysage.

Leur très petite taille, en évacuant le détail, révèle un univers simple, bipolaire, terre et ciel, ocre et bleu. Ce mode d’écriture binaire contribue, à travers les longues séquences de petites photographies, à élaborer un espace en perpétuelle reconstruction, mais dont le sens nous échappe.
C’est aussi cette notion de perte de repère que l’on retrouve dans ses dessins de trajectoires d’insectes, coupes de termitières, ou de fourmilières. Pris dans des ouvrages d’entomologie ces dessins sont débarrassés de toute information.
En perdant leur contenu pédagogique, ces insectes tracent des parcours obscurs, entre arcane de jeu vidéo et plans de villes mystérieux.

Le travail de Sandrine RAQUIN ressemble, pris globalement, à une petite usine de statistique, qui sortirait régulièrement des rapports sur le monde, cherchant des relations ou du sens dans les plis les plus surprenants du quotidien.
Dans l’installation qu’elle met en place dans cette exposition, elle explore quatre manières de se rendre d’un point à un autre. L’itinéraire est très banal et, cela a son importance, n’exprime en soi aucune perspective.
Tout l’intérêt des parcours va se rapporter aux "moments" de circulation.

L’espace mental de Bruno PEINADO aurait la configuration d’un archipel. Comme chez beaucoup d’artistes aujourd’hui, cette pensée "chaosmotique" s’oppose de plus en plus aux archaïsmes d’un centralisme et d’un continentalisme occidental.
Comprise comme processus artistique elle ne donne ni produit fini, ni vérité, ne s’autonomise pas mais "s’inscrit dans un réseau beaucoup plus vaste qui englobe in fine la totalité des étants".
Le travail présenté à la Galerie de la Friche, est manifestement morcelé. Plus qu’une oeuvre, on y trouvera un maillage de débris épars, de signes, de désirs.
Pris comme objet, cet espace est insondable. Il faut le pénétrer, le parcourir, l’investir : au sens d’une investigation policière comme d’une recherche scientifique. Retrouver l’archipel, circuler d’île en île, s’y arrêter ou retisser patiemment un tout.
C’est selon.
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