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Vue d’exposition Après avoir tout oublié, 2015 - © JC Lett Isabelle Ferreira, Wall box (Mo 106), 2012 et Subtraction (Mo 80), 2013 - © JC Lett Mükerrem Tuncay, A Survival guide for a 27 year old, 2015. Production Astérides - © JC Lett Thomas Klimowski, L’équilibre des ruines, 2014 - © JC Lett Lucille Uhlrich, Janus, 2014. - © JC Lett Marc Etienne, Linear Lean, 2014 et Effet, 2015 - © JC Lett Yannick Langlois, Machine molle betelgeuse, 2015 et Sans titre (MMBTLGSE), 2015. Production Astérides - © JC Lett Arthur Sirignano, L’Amour-propre, 2015 et Isabelle Ferreira, Subtraction (Mo 80), 2013 - © JC Lett Alexandra Pellissier, Haptique, 2015. Ascaya 1, 2015 et Ascaya 2, 2015 - © JC Lett Abraham Poincheval, Fret, 2015. Production Astérides. Courtesy Semiose Galerie - © JC Lett Florian et Michael Quistrebert, Amnesic cisenmA, 2011. Courtesy des artistes et de la Galerie Crèvecoeur, Paris - © JC Lett Mathilde Barrio Nuevo, AP, 2015. Structures en bois réalisées en collaboration avec Julie Marchal. Production Astérides - © JC Lett Giuliana Zefferi, Around the corner, 2015 - © JC Lett Laurent Terras, Chercher encore, 2014 - © JC Lett Abdelkader Benchamma, Le soleil comme une plaque d’argent #1, 2013. Le soleil comme une plaque d’argent #2, 2013. Le soleil comme une plaque d’argent #4, 2013. Le soleil comme une plaque d’argent #3, 2013. Courtesy galerie chantiersBoîteNoire, Montpellier - © JC Lett Francesco Finizio, White lighting, 2015. Production Astérides - © JC Lett Vue d’exposition Après avoir tout oublié, 2015 - © JC Lett

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Du 14 mai au 6 septembre 2015
Vernissage le mercredi 13 mai dans le cadre du Printemps de l’art contemporain


Après avoir tout oublié,
il semblerait que l’on ait besoin d’un souffleur.

« Le samedi 30 septembre 1967, j’allais au Port Authority Building à l’angle de la 41ème Rue et de la 8ème Avenue. J’y achetai le New York Times et Earthwork, de Brian W. Aldiss, en pochet Signet. Ensuite, j’allais au guichet 21 et y demandai un aller simple pour Passaic. Puis je grimpai au niveau Autobus (travée 173) et montai à bord du 30 de l’Inter-City Transportation Co. »
Robert Smithson, Une visite aux Monuments de Passaïc, New Jersey.

Malgré toute l’énergie, la générosité et le talent des artistes accueillis en résidence à Astérides depuis plusieurs années, il apparaît que tout reste encore à faire. Le temps s’est disloqué, tout a été oublié. Les artistes font preuve de ruse, de pédagogie, de compassion, d’empathie, de patience. Ils sont professeurs, archéologues du futur, personnels soignants, jardiniers, médiateurs. Mais jusqu’où pourront-ils aller pour nous faire revivre ces moments enfouis au fond de notre mémoire alors que l’expansion du cosmos semble avérée ? Il nous faut attraper au vol des indices, et refaire sans cesse le même chemin afin de trouver quelque chose de tangible, de compréhensible, sur lequel nous arrêter.

Jusqu’où devront aller les artistes pour que nous ayons enfin une révélation, et que la mémoire nous revienne ?

La mémoire des choses, des objets. La mémoire des formes. La mémoire des événements. Les personnes elles-mêmes semblent s’être dissoutes dans un passé proche. Un temps accéléré de façon exponentielle a rendu impossible un décompte régulier. Les expériences se sont multipliées. De quelque côté que l’on se tourne, on voit venir ce que nous pourrions nommer le destin, ou encore l’expansion ou au contraire le rétropédalage du temps. Ce faisant, nous avons la sensation de nous déplacer avec le temps même et l’espace qui lui est afférent.

Si l’on revient sur le récit, que l’artiste américain Robert Smithson fit en 1967, de sa visite de la ville de Passaic (New Jersey), dans un « Tour des monuments de Passaic » (1967)* , on le voit prendre la mesure de l’intensification du phénomène urbain aux États-Unis, et des caractères indifférenciés de ce paysage suburbain américain dans lequel on s’égare. Puis il nous invite à le suivre dans la visite des « monuments », éléments de construction épars qu’il définit comme tels. Il en fait des repères, sur lesquels artères de circulation et tissu urbain peuvent alors s’accrocher, avant de les dissoudre ou de les réabsorber dans le flux incessant.

Avènement de la ruine industrielle, qui dit la fin de cette modernité, mais aussi celle du modernisme esthétique. Ces monuments en décomposition sont déjà les vestiges d’un empire disparu. Selon Paul Virilio, la modernité a été organisée par l’attente, celle de la révolution, puis de la guerre et à présent l’attente de la catastrophe. La catastrophe est l’alpha et l’oméga de notre civilisation. Il devient évident que nous sommes en train de détruire les ruines du futur, et que les monuments du passé, deviennent les cibles stratégiques.

Les artistes, ici, ont baigné dans les cultures pop, punk et suivantes, et sont traversés par les réminiscences, la perte des illusions et la prétention parfois cynique de vouloir réinventer un monde à jamais disparu. Le web le restitue en partie, donnant des images distordues, années 80, issues de technologies obsolètes, effets de matériaux cheap et répétitions, visions d’un rêve éveillé, scintillements artificiels, fausses animations, visions de mondes célestes et science-fiction, choses mentales, etc. Les artistes se projettent dans un avenir où les artefacts se baladent et semblent s’égarer entre visions post-industrielles et représentations pré-internet, vestiges d’une civilisation disparue ou dans un passé qui promet le futur, troisième révolution industrielle et nouvelle version du capitalisme.

Une exposition qui se présente comme un film ou plutôt comme la bande annonce d’une catastrophe qui a probablement déjà eu lieu.

Marie-Louise Botella

*Robert Smithson, Une visite aux Monuments de Passaic, New Jersey, publié sous le titre “The Monuments of Passaic” in Artforum, décembre 1967.


2ème étage de la Tour-Panorama
Friche la Belle de Mai, Marseille
Ouverture du mardi au dimanche de 13h à 19h (nocturne le dernier vendredi du mois)
Visites commentées gratuites et sans réservation les samedis à partir de 15h30 : rendez-vous à la billetterie de la Friche ou directement dans les espaces d’exposition.


Proposition d’Astérides dans le cadre de la saison 2015 du Cartel

Partenaires : Ministère de la Culture - Direction Régionale des Affaires Culturelles Provence-Alpes-Côte d’Azur, Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, Conseil Général des Bouches du Rhône, Ville de Marseille, Fondation d’entreprise Ricard, Caparol, Chateau La Coste, Hôtel La Résidence, Picto méditerranée.
Partenaires médias : Les Inrockuptibles, ParisArt, le Quotidien de l’Art, Zibeline.

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